Emeutes lycéennes. Il échappe à la prison

Le Télégramme, 8 janvier 2008

Les manifestations lycéennes et étudiantes brestoises de décembre sont restées dans les esprits en raison de leurs dérapages. Hier, le tribunal de Brest avait à trancher sur la position de leader ou de modérateur d'un étudiant. Au final, le jeune homme a écopé de six mois de prison avec sursis.

Le 4 décembre, il aurait montré ses fesses à la police et lui aurait jeté des projectiles. Il aurait organisé un « attroupement armé ». Les rapports s'accumulent comme les procès-verbaux. Ils sont sans concession contre celui qui se tient devant ses juges, la voix posée et le verbe juste. « J'étais dans la manifestation, mais je travaille aussi dans le secteur social », se défend-il. « Je connaissais certains jeunes qui étaient dans le groupe avec des capuches. Je suis allé vers eux pour leur demander ce qu'ils avaient l'intention de faire ». Lui dit qu'il entendait simplement protester contre les lois Darcos et Pécresse et s'insurge calmement contre « la mauvaise interprétation » de ses actes. « J'ai essayé de les calmer, je n'ai pas incité à la violence ». « Vous vous moquez du monde », lui réplique la procureur Johanny. Elle se rapporte aux rapports de police. « Le jeudi, il était avec les casseurs en capuches restés pour en découdre avec les policiers. Il les a harangués pour qu'ils chargent », fait valoir le parquet. Elle requiert un an de prison dont le moitié avec sursis.

Relaxe plaidée

Voilà qui a le don de faire bondir la défense du prévenu. Me Lechaux s'amuse d'abord du pouvoir que l'on prête à son client. « Une grande-gueule, c'est certain », dit-elle « mais c'est lui prêter beaucoup trop de pouvoir que celui de mettre dans sa poche 600 manifestants ». Elle rembobine le film des événements pour voler à son secours, estime encore que s'il a pris un mégaphone, « c'est pour dire son hostilité à la loi » et non pour appeler à la vindicte. « C'est un modérateur. En le condamnant à de la prison ferme, vous serez dans une disproportion totale (...)». Le tribunal entend partiellement cette défense et le relaxe des faits de violences. En revanche, l'outrage et l'incitation aux violences armées sont retenues et amènent le tribunal à le condamner à six mois de prison avec sursis.